Tissage en terre pour objets utiles ou décoratifs,
terres mêlées ou enfumées.
POTERIE SPIRALE
Les Violons d'Ingres à Gerstheim (67) le Dimanche 18 octobre 2009, 10h à 18h.
Exposition à Venère (70) du 18 octobre
Tissage en terre pour objets utiles ou décoratifs,
terres mêlées ou enfumées.
Les 6 et 7 octobre 2007, deux belles journées de cuisson en "meule".
La construction de la meule a débuté samedi après-midi :
Après avoir cherché nombre de branches mortes et sèches en forêt, de différentes tailles, on creuse un trou circulaire. On le comble de branchages, de manière assez dense. Les pots sont placés
dessus. Entre les poteries, on intercale également des petites branches. On recouvre l'ensemble des poteries de couches de bois et de branches, toujours assez serré. Ensuite, les branches sont
lentement recouvertes de mottes de terre retournées. On laisse une cheminée en-haut, et quelques petits trous d'allumage et d'air à la base.
On peut alors "mettre le feu". Un briquet à silex produit l'étincelle suffisante, qui vite est transformée dans des mains expertes en petite braise, puis feu. Une fois tombé en
braise, le feu est ammené dans la meule, de chaque côté. La nuit tombe ; le feu prend vite. L'arrivée d'air et la combustion sont
reglés par fermeture ou ouverture de la cheminée et des ouvertures à la base. La terre est fortement chamotée, c'est ce qui lui permet de resister aux "coups de feu".
Après trois heures environ de forte chaleur, tandis que l'ntérieur de la meule est en braise et est devenu une vraie fournaise, le potier
ferme les ouvertures à la base de la meule et condamne la cheminée... Le feu est "étouffé". La meule fume toujours, une chaleur incroyable se dégage par des petites cheminées,
comme un volcan. On tasse un peu la terre...
Le lendemain, le couvercle est brulant. On attend l'après-midi. Le soir venu, l'impatience aidant et la température ayant déjà bien baissée, le potier ouvre la meule. Un pot, puis deux... entre
des braises reprenant au contact de l'air un peu de vigueur, des petites merveilles sont patiemment extraites du foyer... Quel soulagement, et quelle récompense !
Les pots sont bien noircis, et pour certains, présentent de belles traces de vitrification. La température du "four" aura atteint les 1000°C.
Cela remonte à
plus d'un an maintenant, la première cuisson en four à bois...
Fab m'avait aidé à monter patiement le four de brique, maçonné d'un mélange magique d'argile et de dégraissants divers. La sole perforée ayant cassée, nous l'avions remplacée par une sole faite de vieux montants de portes en fer.
Une fois le four fini, je l'ai rempli, lentement, surement, assurant mes gestes pour ne pas lacher, cogner et tout casser. Car la terre crue est incroyablement fragile !
Le feu a pris vers 16 heures... très lentement d'abord, pour évacuer les éxcès d'eau. Puis de plus en plus fort. Trois Etapes dans le feu : le petit feu qui sort l'eau, le moyen feu qui l'ammène au rouge, et le grand feu, sublime moment, ou la température élevée transforme la matière. La cuisson a duré toute une nuit, entre l'allumage, et le refroidissement... très long... Heureusement, les amis passent, on fête et je tiens le coup.
Le lendemain, quelle merveille ! Dégageant petit à petit les quelques morceaux de tuiles qui couvraient les poteries, c'est un petit trésor qu'on sort du ventre de ce petit four, très pratique tout de même pour une petite production.
Les photos sont visibles dans les albums...
N'oubliez pas de faire un tour vers les autres articles traitants des cuissons primitives de poteries primitives !La cuisson primitive, c'est tout un art !
On commence par faire un feu, et chauffer les pots autour. Une fois que les merguez sont cuites, on pose les pots sur le feu (on ne peut déjà plus vraiment les prendre en main tellement ils sont chauds !) et on lance la cuisson...Moment très délicat... Pendant ce temps on mange, on pose du bois sur le feu, la nuit tombe, on fait encore un tour dans la forêt pour faire son stock de bois...
Un peu de flûte et de Tam tam, ... puis le feu s'endors presque : on l'enterre, et on va dormir aussi, la Lune est déjà très haute dans le ciel.
Lendemain, on ouvre le cadeau... Ah c'est Noël ! Presque tout les pots ont tenu le feu !
Les photos étape par étape : http://poterie.spirale.over-blog.com/album-272167.html
Un autre article sur les cuissons primitives est visible, il relate notamment l'expérience d'une meule chapée, c'est à dire "fermée".
Poteries primitives, néolithiques, d'inspiration tribale et africaine : les poteries de Poterie Spirale sont réalisées à la main, sans tour, suivant des gestes ancestraux. Elles sont toutes cuites au Feu de bois.
Un simple ruban de Terre qui s'enroule, un pot qui se forme et qui tourne,
La Terre et l'Eau ont parlé, transformé.
Un pot tout sec mais si fragile, osculté par l'Oracle, qui seul décidera de l'achévement du cycle de la création.
Le Vent a chanté, le Feu a dansé.
Façonner la Terre, patienter, vivre pleinement chaque étape, et enfin, transformer la matière comme dans un creuset, comme un volcan,... la Terre est un voyage, une initiation. Petit à petit, elle livre ses secrets, quand on se brûle, quand on la touche et la pousse, à chaque fois, un autre message, une autre sagesse.